Rayons perdus (1869)/Enfantine
Riaient…
Devant le grand feu vif de sarment qui petille,
Le père est entouré de toute sa famille :
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- Les grand’mères en cheveux blancs,
- Les grand’mères en cheveux blancs,
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Pour qui le rude hiver de la vieillesse austère
Jonche encore de fleurs la route solitaire
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- Qu’elles parcourent à pas lents ;
- Qu’elles parcourent à pas lents ;
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Et puis la jeune femme émue & recueillie,
Qui lève vers le ciel sa prunelle remplie
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- D’un bonheur profond & complet,
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Et presse à son sein nu, chaste & fière nourrice,
Son dernier nouveau-né dont l’indolent caprice
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- Laisse fuir les gouttes de lait ;
- Laisse fuir les gouttes de lait ;
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Au milieu, les enfants gracieux & candides
Qui gazouillent, avec de beaux rires splendides,
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- Leurs petites chansons d’oiseaux.
- Leurs petites chansons d’oiseaux.
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Ils sont là tous les trois, blondes têtes bouclées,
Frais comme le matin sur les vertes feuillées,
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- Doux comme un nid dans les roseaux !
- Doux comme un nid dans les roseaux !
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Sur le tapis moelleux aux fleurs arborescentes,
Les plus grands à genoux, les lèvres frémissantes,
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- Tendent leurs bras au plus petit.
- Tendent leurs bras au plus petit.
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Faisant plus tendre encor leur voix déjà si douce,
L’un l’appelle, tandis que l’autre qui le pousse
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- Cent fois l’exhorte & l’avertit.
- Cent fois l’exhorte & l’avertit.
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Le petit tout ravi, la bouche toute rose
Et tout ouverte, rit : il a bien peur, il n’ose ;
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- De temps en temps il mord ses doigts ;
- De temps en temps il mord ses doigts ;
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Quand il semble avancer, il recule au contraire.
« Allons, viens ! » dit la sœur, « Courage ! » dit le frère.
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- Tous deux lui parlent à la fois.
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Il rit, il a bien peur, il hésite, il chancelle.
La bûche au ventre rouge, à la vive étincelle,
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- Des rideaux pourpre chaque pli ;
- Des rideaux pourpre chaque pli ;
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L’aïeule a des éclairs sous sa paupière obscure,
Les parents font silence & le poupon murmure
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- On ne sait quoi de très-joli.
- On ne sait quoi de très-joli.
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Le petit tremble, il rit, soudain il se décide,
Et le voici qui vient confiant & timide,
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- Tout craintif & tout enhardi.
- Tout craintif & tout enhardi.
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Il s’avance d’abord lentement, puis plus vite,
Dans les bras de sa sœur il court, se précipite
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- Et tombe enfin comme étourdi.
- Et tombe enfin comme étourdi.
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Un baiser le rassure, il retourne la tête
Et vingt fois il parcourt la route déjà faite
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- Avec de petits cris joyeux.
- Avec de petits cris joyeux.
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Et le père rêveur & la mère pensive
Sentaient tous deux alors une larme furtive
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- Monter de leur cœur à leurs yeux.
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