Sonnet concernant Ninon

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SONNET.

Ami, je ne puis ressentir
Les maux que ton esprit projette ;
Quoique tu fasses le prophète,
Je pourrai te faire mentir.

Je sais que Ninon est parfaite,
Que ses traits se font bien sentir ;
Mais, fût-elle cent fois mieux faite,
Je ne saurois y consentir.

Son esprit, Tircis, qui te trompe,
Cherche l’éclat, court à la pompe
Et ne sauroit être indulgent.

J’aime mieux, et crois être sage,
Que l’argent serve de visage
Qu’un visage serve d’argent.


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