Stèles/Éloge et pouvoir de l’absence

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G. Crès, 1922 [quatrième édition] (pp. 133-134).
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ÉLOGE & POUVOIR DE L’ABSENCE


Je ne prétends point être là, ni survenir à l’improviste, ni paraître en habits & chair, ni gouverner par le poids visible de ma personne,


Ni répondre aux censeurs, de ma voix ; aux rebelles, d’un œil implacable ; aux ministres fautifs, d’un geste qui suspendrait les têtes à mes ongles.


Je règne par l’étonnant pouvoir de l’absence. Mes deux-cent-soixante-dix palais tramés entre eux de galeries opaques s’emplissent seulement de mes traces alternées.

Et des musiques jouent en l’honneur de mon ombre ; des officiers saluent mon siège vide ; mes femmes apprécient mieux l’honneur des nuits où je ne daigne pas.

Égal aux Génies qu’on ne peut récuser puisqu’invisibles, — nulle arme ni poison ne saura venir où m’atteindre.

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