Tristesse du soir

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Stefan Zweig
Traduit par Henri Guilbeaux


Tristesse du soir




Tristesse du soir, ô toi luth sonore,
Âme des Ténèbres, toi confident de la jeunesse,

Tristesse vespérale, ô douleur consolante,
Doux compagnon de ma solitude.

Tristesse du soir, ô fraîcheur bruissante,
Tristesse du soir, comme je te sens !

Des lèvres enténébrées, de douceur imprégnées,
Se sont doucement penchées vers les miennes,

De douces mains avec leur tendre caresse
Effleurent mon visage et me font

Frémir plénier déjà dans la volupté en attente
Pour m’adonner à ta mélancolie.

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