Le Mespris de la vie et consolation contre la mort/« Rens grace à Dieu, mortel, si jeune tu es mort »

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Le Mespris de la vie et consolation contre la mort
Le Mespris de la vie et consolation contre la mortNicolas de Moinge (p. 38).
XXVII.


Rens grace à Dieu, mortel, si jeune tu es mort
Comme le marinier qui sur l'onde muable
Ayant le vent en pouppe, entre au port agreable,
Appendant à Neptun ses tablettes au bord :

Viellart de la mort blesme endures tu l'effort ?
Pense si tu as eu le vent moins favorable,
Que tu n'auras souffert tant de vague effroyable,
L'un tost, & l'autre tard arrive dans le port :

Mais ne presumes point d'avancer ta carriere,
Ou comme il te plaira te tirer en arriere,
La conduite du vent n'est pas en ton pouvoir :

Au lieu de retourner dans le cave rivage
Tu ferois sur les eaus un perilleus nauffrage,
Nostre heure ne se peut alterer ou mouvoir.