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Zhuang Zi, Évolution naturelle in Œuvre de Tchoang-tzeu ive siècle avant J.C

Traduction Léon Wieger 1913


A.   Le ciel étoilé tourne ; la terre est fixe. Le soleil et la lune se succèdent alternativement. Qui gouverne tout cela ? Qui maintient cette harmonie ? Où est le moteur immobile qui meut tout ? Le mouvement cosmique est-il libre, est-il forcé ?.. Les nuées se résolvent en pluie, et la pluie évaporée se reforme en nuages. Qui répand ainsi, sans bouger, l’abondance et le bien-être ?.. Du Nord, le vent souffle vers l’Ouest, vers l’Est, dans tous les sens. Qui meut ce souffle puissant ?.. Qui, immobile, lui imprime ces variétés ?.. Je vais vous le dire, dit Ouhien-t’iao. C’est le ciel, par la révolution des cinq éléments, dans les six régions de l’espace. C’est cette révolution qui maintient l’ordre dans la nature ; et dans les choses humaines, il y aura bon ordre si le gouvernement s’y conforme, et désordre s’il ne s’y conforme pas. Quand les anciens souverains appliquaient les neuf lois[1], leur gouvernement était prospère et efficace. Ils illuminaient l’empire, qui leur était parfaitement soumis. Ce furent là ceux qu’on appelle les augustes souverains.


B.   Tang premier ministre de Chang ayant demandé à Tchoang-tzeu ce que c’était que la bonté. ... C’est, lui dit celui-ci, la vertu des tigres et des loups. — Comment cela ? dit Tang. — Sans doute, dit Tchoang-tzeu ; les tigres et les loups n’aiment-ils pas leurs petits ? — Et la bonté suprême ? fit Tang. — La bonté suprême, répondit Tchoang-tzeu, consiste à ne pas aimer. — Alors, fit Tang, l’homme qui possède la bonté suprême, sera dépourvu de piété filiale ? — Vous vous trompez, dit Tchoang-tzeu. La bonté suprême est la bienveillance abstraite globale indifférenciée, qui n’est pas contraire aux bienveillances concrètes, déterminées, mais qui en abstrait. C’est aimer, de si haut, de si loin, que l’objet est perdu de vue. Ainsi de Ying on ne voit pas, au Nord, les monts Minn-chan. Ils y sont cependant. Effet de la distance. — Pour que la piété filiale approchât de la bonté suprême, il faudrait que le fils aimât sans envisager ses parents, et que les parents l’aimassent sans envisager sa personne. Aimer tout l’empire sans penser à lui, et en être aimé sans être connu de lui, approche davantage de la bonté suprême. Être plus bienfaisant que Yao et Chounn sans s’en rendre compte, faire du bien à tous sans que personne s’en doute, voilà la bonté suprême, semblable à l’influx inconscient du ciel et de la terre, qui fait tout évoluer spontanément. Vous voyez qu’il ne suffit pas d’être affectionné à la piété filiale, pour comprendre cela. ... Sans doute, la piété filiale et fraternelle, la bonté et l’équité ordinaires, la fidélité et la loyauté, la droiture et la constance, toutes ces vertus rentrent en quelque sorte dans la bonté suprême, mais sont bien petites en comparaison de sa grandeur. On dit, à qui a toute beauté, les ornements n’ajoutent rien ; à qui a toute richesse, les gratifications n’ajoutent rien ; à qui a tous les honneurs, aucune distinction n’ajoute rien. Ainsi en est-il de celui qui possède la bonté absolue, laquelle n’est autre chose que le Principe ; il pratiquera à l’occasion toutes tes bontés d’ordre inférieur, mais sans qu’elles lui ajoutent rien. Et ce n’est pas en partant de ces détails, qu’on définira bien, a posteriori, la bonté suprême ; mieux vaut la définir a priori, en partant du Principe.


C.   P’eimenn-tch’eng dit à l’empereur Hoang-ti : Quand j’ouïs exécuter votre symphonie Hien-tch’eu, près du lac Tong-t’ing, la première partie me fit peur, la seconde m’étourdit, la troisième me causa une sensation de vague, dont je ne suis pas encore remis. — Cela devait être, dit l’empereur. Cette symphonie renferme tout. C’est une expression humaine de l’action céleste, de l’évolution universelle. — La première partie exprime le contraste des faits terrestres qui arrivent sous l’influence céleste ; la lutte des cinq éléments ; la succession des quatre saisons ; la naissance et la décadence des végétaux ; l’action et la réaction du léger et du lourd, de la lumière et de l’obscurité, du son et du silence ; le renouveau de

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  1. De la Grande Règle. Voyez Annales, Tcheou chap. 4 ; et Textes philosophiques, page 25.