À la mémoire de Georges Farcy

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Œuvres de Auguste BrizeuxAlphonse Lemerre, éditeurvol. 1 (p. 105-106).
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à la mémoire
de

Georges Farcy


Il adorait La France, la Poésie
et la Philosophie. Que la Patrie
conserve son nom !
Victor Cousin.


 
Oui ! toujours j’enviai, Farcy, de te connaître,
Toi, que si jeune encore on citait comme un maître,
Cœur tendre, qui d’un souffle, hélas ! t’intimidais,
Attentif à cacher l’or pur que tu gardais !
Un soir, en nous parlant de Naple et de ses grèves,
Beaux pays enchantés où se plaisaient tes rêves,
Ta bouche eut un instant la douceur de Platon ;
Tes amis souriaient, lorsque, changeant de ton,
Tu devins brusque et sombre, et te mordis la lèvre,
Fantasque, impatient, rétif comme la chèvre !
Ainsi tu te plaisais à secouer la main
Qui venait sur ton front essuyer ton chagrin.

Que dire ? Le linceul aujourd’hui te recouvre ;
Et, j’en ai peur, c’est lui que tu cherchais au Louvre.
Paix à toi, noble cœur ! Ici tu fus pleuré
Par un ami bien vrai, de toi-même ignoré ;
Là-haut, réjouis-toi ! Platon parmi les ombres
Te dit le Verbe pur, Pythagore, les Nombres.


Août 1830.