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Œuvres poétiques de Chénier/Moland, 1889/Minerve

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Œuvres poétiques, Texte établi par Louis MolandGarnierVolume 1 (p. 137).

LXVII[1]

MINERVE


Parmi les fables à employer, Tirésias aveugle pour avoir vu Minerve toute nue. Properce en parle. Il reste là-dessus une belle élégie de Callimaque.


Tirésias voudrait que jamais l’Hippocrène[2]
N’eût reçu dans ses eaux la déesse d’Athène,
Et, négligé des rois[3], ignorer le destin[4],
Et le vol des oiseaux[5], de l’avenir certain.
Il paya cher[6] de voir cette vierge invincible
Dépouiller et le casque et la gorgone horrible[7].
Ce sein, ces flancs sacrés[8], inconnus même aux dieux,
Sont les derniers objets que purent voir ses yeux[9].
Quoique chère à Pallas[10], les plaintes de sa mère[11]
Essayèrent en vain[12] de rouvrir sa paupière.

  1. Éd. G. de Chénier. Le titre est ajouté par nous.
  2. André a indiqué ainsi les sources où il a puisé : Callimaque, hymne v, v. 70.
  3. Callimaque, v. 125.
  4. Id., V. 121.
  5. Id., v. 123.
  6. Id., v. 102. Propert., lib. IV, élég. ix.
  7. Propert., ibid.
  8. Callimaque, v. 88.
  9. Id., v. 54.
  10. Id., v. 57.
  11. Id., V. 85.
  12. Id., v. 97.