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Œuvres poétiques de Chénier/Moland, 1889/Quand à la porte ingrate

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Œuvres poétiques, Texte établi par Louis MolandGarnierVolume 1 (p. 260).

XLII[1]


Quand, à la porte ingrate exhalant ses douleurs,
Tibulle lui prodigue et l’injure et les pleurs,
La grâce, les talents, ni l’amour le plus tendre,
D’un douloureux affront ne peuvent le défendre.
Encore si vos yeux daignaient, pour nous trahir,
Chercher dans vos amants celui qu’on peut choisir,
Qu’une belle ose aimer sans honte et sans scrupule
Et qu’on ose soi-même avouer pour émule !
Mais, Dieux ! combien de fois notre orgueil ulcéré
À rougi du rival qui nous fut préféré !
Oui. Thersite souvent peut faire une inconstante.
Souvent l’appât du crime est tout ce qui vous tente,
Et nous savons à qui de coupables moitiés
Immolèrent Astolfe et Joconde oubliés.

  1. Ad imitationem Callimachi quodam modo compositum, dum in fragmentum incido ex elegi venustissimum, quod est in collectione Bentleiania 67 (note d’André Chénier).

    Édition 1819, sauf les deux premiers et les deux derniers vers, qui ne sont que dans l’édition de G. de Chénier.