Biographie nationale de Belgique/Tome 1/AVOINE, Pierre-Joseph D’

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AVOINE (Pierre-Joseph D’), médecin, polygraphe, né à Anvers, le 23 février 1803, mort à Malines, le 30 mars 1854, fit ses premières études à l’Athénée royal d’Anvers et au Collège d’Alost ; il suivit ensuite, pendant quatre ans, les cours de médecine à l’Université de Gand, où enseignaient alors Van Rotterdam, Kluyskens, Van Coetsem et Verbeeck.

Après avoir reçu, en 1829, le diplôme de docteur en médecine, d’Avoine se rendit à Paris, où il assista aux leçons du célèbre Broussais. Homme de bon sens et éminemment pratique, il ne se laissa pas éblouir par les théories séduisantes du professeur du Val-de-Grâce ; il abandonna même bientôt son école pour s’attacher au professeur Récamier, qui était alors grand adversaire de Broussais. De retour dans sa patrie, D’Avoine s’établit à Malines et combattit constamment la doctrine débilitante, qui comptait en Belgique de nombreux partisans et qui faillit, comme disait Récamier, sacrifier à une idée une génération d’hommes tout entière. Pendant une carrière de plus de vingt ans, D’Avoine nous offre le type multiple du médecin savant et dévoué, de l’homme public exerçant une large et légitime influence sur ses concitoyens pour étendre et propager le goût et l’étude des sciences, et de l’homme de cabinet, sachant se créer, au milieu d’une vie très-occupée, des loisirs qu’il consacrait à la botanique, à l’horticulture, à l’arboriculture, à la biographie nationale, à l’étude de la médecine et de l’histoire.

En 1838, nous le trouvons parmi les premiers fondateurs de la Société royale d’horticulture de Malines et du Jardin botanique de cette ville. En 1841, il y organisa la Société des sciences médicales et naturelles, dont il fut le premier président. Il était en même temps un des membres les plus actifs des comices agricoles de l’arrondissement de Malines.

Désireux de faire renaître en Belgique l’esprit scientifique en proposant des gloires nationales pour modèles à suivre, D’Avoine entreprit l’histoire des anciens médecins belges, et fit paraître successivement, dans les Annales de la Société des sciences médicales et naturelles de Malines, les biographies du docteur Joachim Roelants, né à Malines vers la fin du xve siècle (Malines, in-8°, 1846), de Thomas de Rye, médecin de S. A. Ernest de Bavière (Malines, in-8°, 1847), de Jean Storms, né à Malines en 1559 et professeur de médecine à l’Université de Louvain (Malines, in-8°, 1848), de Jean-Corneille Jacobs, né en 1759 (Malines, in-8°,1850), et de Charles van Bouchaute, né à Malines en 1732 et mort professeur à Louvain (Malines, in-8°, 1851). Il s’occupait à écrire la vie des docteurs Maes et Van Sevendonck quand la mort vint le surprendre.

La ville de Malines ayant élevé une statue à Marguerite d’Autriche, en 1849, D’Avoine fit paraître, à cette occasion, son Essai sur Marguerite d’Autriche (Anvers, in-8°, 1849). Ce travail se recommande par un style pur, élégant et de sérieuses recherches historiques.

Grand admirateur de Dodoens, il entreprit de faire revivre sa mémoire. Il écrivit d’abord l’Éloge de Rembert Dodoens (Malines, in-8°, 1849), et publia ensuite, avec le professeur Ch. Morren, de Liége, une Concordance des espèces végétales décrites et figurées par R. Dodoens, avec les noms que Linnée et les auteurs modernes leur ont donnés (Malines, in-8° 1850). C’est à D’Avoine qu’on doit le projet d’élever à Malines un monument au grand botaniste belge, projet qui fut, en effet, réalisé en 1862.

Comme médecin, D’Avoine a publié : De Præcipuis peritonæi morbis. Antv., in-4°, 1829 ;

Discours sur l’utilité des associations médicales. Malines, in-8°, 1842 ;

Observation d’hydropisie arscite avec tumeur carcinomateuse. Malines, in-8°, 1846 ;

Observations d’asthme idiopathique. Malines, in-8°,1849 ;

Lettre adressée à l’Académie d’archéologie de Belgique sur les illustrations médicales belges. Anvers, in-8°, 1850.

Il comptait faire paraître encore les Analecta medica de la seigneurie de Malines ; mais la maladie qui l’emporta l’en empêcha et le travail est resté manuscrit.

Les dernières années de sa vie, D’Avoine avait renoncé à la profession de médecin pour se vouer entièrement à des recherches littéraires. Une vie trop sédentaire ébranla bientôt sa santé et développa chez lui une affection du cœur et du foie qui le conduisit au tombeau. Il mourut, après trois ans de souffrance, âgé seulement de 51 ans.

Eugène Coemans.