Biographie nationale de Belgique/Tome 1/BAUDOUIN II (comte de Hainaut)

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BAUDOUIN II, comte de Hainaut, fils du précédent et de la fameuse Richilde, était à peine adolescent quand il succéda à son père dans le comté de Hainaut sous la régence de sa mère. Malheureusement cette princesse était aussi ambitieuse et vindicative que son époux avait été débonnaire. Son gouvernement arbitraire et tyrannique souleva les Flamands et donna lieu à une guerre civile, dans laquelle les Hennuyers, unis aux Français, furent défaits près de Cassel, et le jeune comte de Flandre, Àrnould III (voir ce nom) tué en trahison. En droit et selon le pacte d’Audenarde, sa succession appartenait à son frère Baudouin, mais il la réclama vainement. Les Flamands s’étaient donnés au chef qui les avait conduits à la victoire et ne voulaient plus entendre parler d’une réunion avec le Hainaut. Richilde ne craignit pas, pour obtenir contre eux un secours considérable en hommes et en argent, de rendre son comté vassal de l’église de Liége ; mais cette démarche extraordinaire demeura encore infructueuse : l’indomptable Frison fit essuyer à ses adversaires une défaite sanglante dans les champs de Broqueroie, et Baudouin dut finir par renoncer à la Flandre en faveur de son oncle (1085). Il donnait tous ses soins à la bonne administration de sa principauté, lorsque la première croisade vint remuer l’Europe. Le comte y prit une part glorieuse et, après la victoire d’Antioche, ses compagnons d’armes l’envoyèrent avec le comte de Vermandois en ambassade à Constantinople. Baudouin, qui avait pris les devants, traversait les montagnes voisines de Nicée, quand il fut surpris et attaqué par les Turcopoles. L’histoire n’a pu savoir comment il termina sa vie. La comtesse Ida de Louvain, sa femme, parcourut en vain l’Orient pour s’en informer. Quoique ce prince n’ait pas vu la ville sainte, on lui donna le surnom de Baudouin de Jérusalem.

J.-J. De Smet.

Gislebert, Chronica Hannoniæ. — Jacq. de Guyse, lib. XV. — Les Historiens des Croisades.