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Chanson à boire (Saint-Amant)

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CHANSON À BOIRE.


Payen, Maigrin, Butte, Gilot,

Desgranges, Chasteaupers, et Dufour le bon falot,
Qu’un chacun eslise son parrain
Pour trinquer à ce prince lorrain !

Il nous permet qu’en liberté
Sans aucun compliment on luy porte une santé.
Beuvons donc, il nous fera raison,
Car il est l’honneur de sa maison.

Estant parmi les Allemans,
Où son bras a plus fait que n’ont dit tous les romans,
Il apprit à suivre les hazars
De Bacchus aussi bien que de Mars.

Pour moy, disant ce qui m’en plaist,
C’est de le voir seigneur de Briosne[1] comme il est.
Ce lieu vaut l’estat des plus grands roys,
Puis qu’un Pot y tient autant que trois.

Aussi je veux faire un serment
De vivre désormais pour le servir seulement,
Et verser pour ce prince divin
Plus de sang que je n’ay beu de vin.

Ainsi chantoient au cabaret
Le bon gros Sainct-Amant et le vieux pere Faret,
Celebrans l’un et l’autre à son tour
La santé du comte de Harcour.


Vivat !


  1. Briosne, petit bourg fortifié de Normandie. — Sans doute Chassingrimont, de la maison de Pot, y commandoit. De là ce vers :

    Puisqu’un Pot y tient autant que trois.