Dictionnaire raisonné du mobilier français de l’époque carlovingienne à la Renaissance/Courte-pointe

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COURTE-POINTE, s. f. (coustepointe, keutespointe). Grande couverture doublée et piquée, que l’on posait sur les bancs et tous les meubles pouvant servir de siéges ou de lits de repos.

« … L’empereriz fist traire les dames et les damoiselles en une autre chambre, et entre li et le vallet s’asistrent sor une cheuche (un coussin) d’une coustepointe coverte et d’un drap de soie[1]. »

On admet volontiers que les meubles du moyen âge étaient de formes incommodes et dépourvus de garnitures d’étoffes, parce que, dans quelques musées, on voit des chaires de bois, de la fin du XVe siècle ou du commencement du XVIe, à dossiers droits, couverts de sculptures souvent, qui ôtent toute idée de s’appuyer. Mais ces meubles d’apparat ne servaient guère et n’étaient placés dans les appartements que pour la montre. Ce n’étaient qu’à l’occasion de certaines solennités que le chef de famille se plaçait entre les bras de ces chaires richement sculptées et recouvertes d’ailleurs d’un épais coussin.

Quant aux meubles d’usage, ils étaient bien garnis, non à demeure, comme le sont les nôtres, mais au moyen de ces coussins si nombreux mentionnés dans les inventaires du moyen âge, et de ces courtes-pointes jetées sur le tout comme une housse, courtes-pointes faites d’étoffes moelleuses, épaisses, doublées et piquées.

Cet usage permettait d’entretenir les étoffes des meubles, de les enfermer quand on quittait le logis et de les conserver longtemps sans altération. Comme de nos jours, on plaçait aussi ces courtes-pointes sur les lits.

  1. Le Roman des sept Sages, manuscr. Biblioth. nat., fonds Saint-Germain, no 1672.