Les Siècles morts/Hymne à la Lune

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Les Siècles mortsAlphonse Lemerre éd.I. L’Orient antique (p. 53-54).


 
Père illuminateur, Šin, face coutumière,
Brillant dans ta puissance au seuil mystérieux
Du Temple flamboyant de la Grande Lumière,
Maître du ciel profond, Nannar, Maître des Dieux !

Toi qui, donnant le sceptre à la main forte, ô Père,
Baignes les noirs pays dans ton fleuve argenté,
Tu partages la terre immense et fais prospère
Le fondement du Trône et de la Royauté.

Tes yeux sont d’or limpide et ta barbe est d’albâtre ;
Tu pointes, ô Seigneur, tes cornes de taureau,
Et ton rayon perçant, métallique et blanchâtre,
Luit comme un glaive clair tiré hors du fourreau.


Salut, toi qui jaillis dans ta splendeur insigne,
Rejeton préféré du Firmament vermeil,
Vivant universel, croissant comme une vigne
Qui germe d’elle-même et fleurit au soleil !

O toi, qui, fécondant le sein des plaines rases,
Dispensant la rosée aux champs épais et verts,
Fais tressaillir les eaux et règles dans tes phases
Le flux et le reflux des insondables mers !

Ta volonté céleste est comme un vent qui passe ;
Le ciel est ton domaine et, lorsque tu parais,
Les Dieux inférieurs pâlissent dans l’espace,
Les Dieux au nom formé par des nombres secrets.

O sans rival parmi le peuple de tes frères,
Renouvelant ta face, éclipsant tour à tour
Le fugitif éclat de tes quartiers contraires,
Sois favorable, ô §in, et bienveillant dans Our.

Que l’épouse t’appelle et que l’époux te nomme,
O Maître du bonheur, dans la noble maison,
O Sublime, ô Très-Pur, ô Père que tout homme
Adore et voit monter sur le vague horizon !