La Tête armée

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Choix de poésies
Texte établi par Alphonse SéchéLouis-Michaud (p. 13).

LA TETE ARMEE


Napoléon mourant vit une Tête armée
Il pensait a son fils déjà faible et souffrant :
La Tête, c’était donc sa France bien-aimée.
Décapitée, aux pieds du César expirant.

Dieu, qui jugeait cet homme et cette renommée,
Rappela Jésus-Christ ; mais l’abîme, s’ouvrant.
Ne lui rendit qu’un souffle, un spectre de fumée :
Le demi-dieu, vaincu, se releva plus grand.

Alors on vit sortir du fond du purgatoire
Un jeune homme inondé des pleurs de la Victoire,
Qui tendit sa main pure aux monarques des cieux ;

Frappés au flanc tous deux par un double mystère ;
L’un répandait son sang pour féconder la terre.
L’autre versait au ciel la semence des dieux !