Le Mespris de la vie et consolation contre la mort/« Les fleurs ne meurent point, ainçois elles flaistrissent »

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Le Mespris de la vie et consolation contre la mort
Le Mespris de la vie et consolation contre la mortNicolas de Moinge (p. 113).
CXX.


Les fleurs ne meurent point, aincois elles flaistrissent
Pour un cinq ou six mois, & quant le beau Soleil
Rameine le Primtems de roses tout vermeil
Boutant hors de leur chasse elles se reverdissent :

Cependant nous voyons que les hommes viellissent
En moins de cinquante ans, & dormant un sommeil
Tardif & paresseus, sans espoir de resveil
Hors du tombeau poudreus jamais n'espanouissent

Des qu'unefois la mort nous à fillé les yeus
N'esperons de revoir la lumiere des cyeus,
L'esprit fuit hors du cors & jamais n'y retourne

Cependant que tu vis travaille en bien faisant,
Le tourment sans remede est triste & desplaisant
Trop tard on se repend quand la mort nous ajourne.