Le Pénitent (Iwan Gilkin)

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Parnasse de la Jeune BelgiqueLéon Vanier, éditeur (p. 94).


Le Pénitent


Je suis le pénitent des mauvaises cités.
Dans les bouges honteux où coulent les rogommes,
Dans les quartiers lascifs des modernes Sodomes
Où le meurtre et le viol cachent leurs voluptés,

Quand j’introduis, le soir, mes regards attristés,
J’ausculte en frissonnant les monstres que nous sommes ;
Je sens peser sur moi tous les crimes des hommes,
Et je pousse des cris vers les cieux irrités.

Semblable en mes clameurs aux prophètes tragiques,
Je vais, les yeux hagards, par les places publiques,
Confessant des péchés que je n’ai point commis.

Et le chœur vertueux des pharisiens brame :
« Soyez béni, mon Dieu, qui n’avez point permis
Que je fusse pareil à ce poète infâme ! »