Le Pont Mirabeau

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Paris : Éditions de la Nouvelle Revue française, troisième édition (pp. 16-17).


LE PONT MIRABEAU


Sous le pont Mirabeau coule la Seine
                Et nos amours
         Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine

        Vienne la nuit sonne l’heure
        Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
               Tandis que sous
        Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

        Vienne la nuit sonne l’heure
        Les jours s’en vont je demeure


L’amour s’en va comme cette eau courante
                    L’amour s’en va
          Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

          Vienne la nuit sonne l’heure
          Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
                    Ni temps passé
          Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

          Vienne la nuit sonne l’heure
          Les jours s’en vont je demeure

Écouter le poème lu par Apollinaire