Les Fleurs du mal/1861/Harmonie du soir

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SPLEEN ET IDÉAL
Les Fleurs du mal (1861) Poulet-Malassis et de Broise (p. 107-108).


XLVII


HARMONIE DU SOIR




Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.


Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige.

Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige……
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

Attention : la clé de tri par défaut « Harmonie du soir » écrase la précédente clé « harmonie du soir ».