Les Saisons (A. Theuriet)/Désir d’avril

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Les Saisons (A. Theuriet)
◄  II
IV  ►
III. — DÉSIR D’AVRIL.


En plein bois, dans la profondeur
Où tremblent des lumières vertes,
Les muguets à l’exquise odeur
Balancent leurs grappes ouvertes.

Les muguets blancs m’ont enivré,
Et la voix du ramier qui chante
Au fond de mon cœur enfiévré
A mis un désir qui fermente.

La douce pâleur des muguets
Et leur haleine parfumée
Ont évoqué dans les forêts
Ton cher fantôme, ô bien-aimée !

Tes bras ont leur blanche couleur,
Tes yeux sont verts comme leur tige,
Et, comme leur exquise odeur,
Tes baisers donnent le vertige.

Parmi les bois mélodieux
Qu’avril embaume et renouvelle,
Oh ! de ta lèvre et de tes yeux
Goûter la caresse éternelle !…