Sonnets pour Hélène/Maistresse, embrasse moy

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Sonnets pour Hélène, Texte établi par Roger Sorgéds. Bossard (p. 213).

I

Maistresse, embrasse moy, baize moy, serre moy,
Haleine contre haleine, échauffe moy la vie,
Mille et mille baizers donne moy je te prie,
Amour veut tout sans nombre, amour n’a point de loy.

Baize et rebaize moy ; belle bouche, pourquoy
Te gardes tu là bas, quand tu seras blesmie,
A baiser (de Pluton ou la femme ou l’amie)
N’ayant plus ny couleur, ny rien semblable à toy ?

En vivant presse moy de tes lèvres de roses ;
Bégaye, en me baisant, à lèvres demy-closes
Mille mots trançonnez, mourant entre mes bras.

Je mourray dans les tiens, puis, toy resuscitée,
Je resusciteray ; allons ainsi là bas,
Le jour tant soit-il court vaut mieux que la nuitée.