Nobles et valets

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Choix de poésies
Texte établi par Alphonse SéchéLouis-Michaud (p. 27).

NOBLES ET VALETS


Les nobles d’autrefois, dont parlent les romans.
Ces preux à fronts de bœuf, à figures dantesques,
Dont les corps charpentés d’ossements gigantesques
Semblaient avoir au sol racine et fondement ;

S’ils revenaient au monde, et qu’il leur prît l’idée
De voir les héritiers de leurs noms immortels,
Race de laridons, encombrant les hôtels
Des ministres, — rampante, avide et dégradée ;

Etres grêles, à buses, plastrons et faux-mollets : —
Certes, ils comprendraient alors, ces nobles hommes,
Que, depuis les vieux temps, au sang des gentilshommes
Leurs filles ont mêlé bien du sang de valets !