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Note sur l'enseignement agricole en France et à l'étranger/Autriche-Hongrie

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AUTRICHE-HONGRIE


Lorsque de l’Allemagne du Nord, on passe dans l’empire d’Autriche, on voit que l’enseignement agricole y a pris aussi une importance considérable. Comme ailleurs, l’instruction est à trois degrés ; le nombre des écoles, des sociétés et des casinos agronomiques y est si considérable que les citer tous serait peu intéressant pour le lecteur ; je me bornerai à mentionner les trois grandes divisions de renseignement, j’en indiquerai les établissements principaux, puis je donnerai une idée générale des écoles ou des sociétés qui s’y rattachent[1].

L’Enseignement supérieur de l’agriculture a été institué à Vienne en 1872. Nous en reparlerons plus loin.

L’Enseignement secondaire donné par les Écoles agronomiques existe dans onze villes principales et date de 1850 à 1885 : ce sont les villes de Modling (Basse-Autriche), Tetschen, Liebwerel, Tabor, Ghrudini et Raudnitz, Hrecholusk, en Bohême, Neutitschein et Beran en Moravie, Ober Hermstorf, en Silésie, Dablany et Czernichow en Galicie, enfin Czernowitz en Bukownie.

3° Il y a trois Écoles forestières fondées de 1852 à 1874, à Eulemberg (Moravie), Weisswasser (Bohême) et Lemberg, en Galicie.

L’École de viticulture et de pomologie de Klosternenburg, près de Vienne.

L’Enseignement primaire que l’on désigne aussi sous le nom d’écoles de culture et écoles agronomiques d’hiver ; elles datent de 1850 à 1885 : on en compté 36 dans diverses villes de l’Empire.

6° Les Écoles de laiterie et de tenue de maison, au nombre de trois à Ranaridi (Haute-Au triche), Marienhof-Pichlern (Carinthie), et Kremsier (Moravie).

7° Les Écoles de culture forestière à Aggsbach, Gusswerk, Hall, Bregenz et Bolechow.

8° Les Écoles primaires d’horticulture, d’arboriculture et de viticulture, au nombre de dix-sept et fondées de 1855 à 1885.

9° Les Écoles de brasserie et de distillerie, au nombre de quatre, une à Modling, deux à Prague, et une à Dublany.

10° Une École d’élevage de vers à soie fondée en 1869 à Gorice.

11° On compte enfin huit écoles vétérinaires militaires et civiles : à Vienne (elle date de 1777), à Lemberg, Gratz, Prague, Laibach, Olmutz, Brunn et Klagenfurt.

En outre de renseignement donné par les écoles ci-dessus, il est fait des conférences dans presque toutes les villes importantes, sur le drainage, la science forestière, l’art de traiter les vins, la culture potagère, l’arboriculture, etc.

Si nous faisons le relevé des associations, ayant pour but le fonctionnement de l’agriculture, nous trouverons 276 sociétés sous des titres divers : unions agronomiques, clubs pour la culture des plantes en chambre, unions vinicoles, unions des planteurs et pour la protection des oiseaux, conseils de culture, unions forestières, etc., etc.

Comme jardins botaniques principaux, citons ceux des universités de Vienne, Prague, Inspruck, Gratz, Lemberg, Czernowitz, Cracovie, Trieste.

Parlons maintenant des centres principaux d’instruction agronomique. Il existe à Vienne une école supérieure d’agriculture, une station agricole expérimentale avec trois laboratoires de botanique et de physiologie, enfin une société impériale agronomique comptant plus de 900 membres.

C’est à Klosternenburg, près de Vienne, que se trouve le laboratoire du docteur L. Roesler, qui y a fondé en 1870 une station de chimie et de physiologie expérimentale jointe à l’école de pomologie et de viticulture : M. Roesler fait avec ses aides les examens microscopiques et publie le résultat de ses travaux : il a fondé un excellent journal, la « Revue antiphylloxérique internationale » qui est aujourd’hui l’une de nos meilleures publications sur la viticulture. L’école de pomologie et de viticulture est sous la direction du baron A. W. von Babo. Dans cette station expérimentale, qui est de premier ordre, se trouvent tous les ustensiles relatifs à la viticulture, des collections de raisins de tous pays, un musée et une bibliothèque horticole des plus riches.

En outre de l’enseignement spécial de Klosternenburg, il existe encore, en Autriche, plusieurs écoles supérieures d’horticulture : celle de Modling près Vienne, dans « l’Institut Francisco- Joséphinum », a été fondée en 1869 et compte 80 élèves. Il y en a d’autres à Bozen, à Graz, à Klagenfurt, à Wippach, à Prague, à Kolomea, à Troppau.

Deux provinces ont des écoles spéciales pour leurs produits. Ainsi dans l’Istrie, à Goritz, se trouve une station bacologique. Dans la Dalmatie, à Zara et à Raguse, le mûrier, la vigne et l’olivier sont l’objet d’études spéciales.

La Hongrie qui, comme la Suède et le Danemark, a toujours manifesté pour la France les meilleurs sentiments de confraternité, possède à Buda-Pest, une université royale qui renferme un institut vétérinaire, une école d’Agriculture avec un jardin botanique, des laboratoires, et une station phylloxérique dirigée par le docteur G. de Hervath, avec deux champs d’expérience à Farkasd et à Gzendro. On sait que l’industrie vinicole a, pour la Hongrie, une importance capitale puisque la récolte annuelle représente une somme de plus de cent millions de francs. Là, comme ailleurs, on a recours aux vignes américaines pour la reconstitution des vignobles.

Après l’université de Buda-Pest, viennent celle de Klausenbourg avec un institut vétérinaire, un institut botanique et un institut chimique, puis celle d’Altenbourg ; il y a la une académie agricole, une station agronomique et une école de construction de machines.

Viennent ensuite : l’école agricole de Debreczin, avec des cours de pomologie, de viticulture et de pisciculture ; l’école de Kaschaer, celle de Keszthely, de Kologsmonoster, de Lipto Ujvar ; puis les écoles de Farezal et de Cioszeg, pour former des vignerons. On a institué à Ofen, près Buda-Pest, une société pour la construction des machines agricoles, une école spéciale de greffage et à Mad, une école pour les plantalions et l’acclimatation des vignes américaines. N’oublions pas de citer l’école forestière de Schemnitz qui, pour le pays, à une importance considérable.

Enfin, il y a dans la capitale de la Croatie à Agram, une université royale à laquelle est attachée une académie agricole, une école forestière et plusieurs sociétés de viticulture. En ce moment, on fonde à Petrieja, une école spéciale de pomologie et d’arboriculture pour la Croatie et la Slavonie.



  1. Fromme’s Oesterreich-Ungarisher Garden-Kalender, Wien, 1886. Die land und forstwirthshaftlichen lehranstalten oesterreichs zusammengestellt im K.K. Ackerban-ministerium. Wien, 1885.