Odes (Horace, Séguier)/I/13 - À Lydie

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Odes et Épodes et Chants séculaires
Traduction par M. le Comte de Séguier.
A. Quantin (p. 19-20).

XIII

À LYDIE


Lydia, quand ta voix nous vante
Le cou rosé de Télèphe, et les bras
      Nivéens de Télèphe, hélas !
Je contiens mal ma bile bouillonnante.


      La raison m’abandonne alors ;
Mon front pâlit ; une larme insolite
      Glisse en ma joue et trahit vite
L’intensité de mes secrets transports.

      J’enrage, soit que dans la fièvre
De quelque orgie il meurtrisse, impudent,
      Ta blanche épaule, ou que sa dent
Avec fureur s’imprime sur ta lèvre

      Si tu m’en crois, bien que jaloux,
Oh ! n’attends rien de la foi du barbare
      Qui blesse ainsi la bouche rare
Où Vénus met son nectar le plus doux.

      Heureux trois fois et plus encore
Ceux-là qu’enchaîne un lien éternel,
      Et dont l’amour exempt de fiel
Ne s’éteindra qu’à leur dernière aurore !