Odes (Horace, Séguier)/I/6 - À Vipsanius Agrippa

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Odes et Épodes et Chants séculaires
Traduction par M. le Comte de Séguier.
A. Quantin (p. 9-10).

VI

À VIPSANIUS AGRIPPA


À Varius, l’aigle du vers épique,
De célébrer ton âme, tes lauriers,
Et tout exploit, militaire ou nautique,
     Commis, sous toi, par nos guerriers.

Nous, Agrippa, n’en dirons rien, de même
Du noir courroux de Pélide au repos,
Des longs détours d’Ulysse en sa trirème,
     De l’horrible maison d’Argos,

Sujets pour nous trop grands : une peur juste,
Notre humble muse, à nos chants ont prescrit

De s’abstenir des louanges d’Auguste
     Et des tiennes, faute d’esprit.

Qui dignement peindra Mars, en tunique
Adamantine ? ou Mérion, poudreux
Devant Pergame ? ou ce Tydide unique,
     Grâce à Minerve égal aux dieux ?

Libre ou soumis à des flammes nouvelles,
Nous ne chantons que les banquets charmants,
Puis ces combats où l’ongle court des belles
     Cède aux mains promptes des amants.