Émaux et Camées/Odelette anacréontique

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Émaux et CaméesLemerrePoésies, vol. III (p. 62-63).


ODELETTE ANACRÉONTIQUE


Pour que je t’aime, ô mon poëte,
Ne fais pas fuir par trop d’ardeur
Mon amour, colombe inquiète,
Au ciel rose de la pudeur.

L’oiseau qui marche dans l’allée
S’effraye et part au moindre bruit ;
Ma passion est chose ailée
Et s’envole quand on la suit.

Muet comme l’Hermès de marbre,
Sous la charmille pose-toi ;
Tu verras bientôt de son arbre
L’oiseau descendre sans effroi.

Tes tempes sentiront près d’elles,
Avec des souffles de fraîcheur,
Une palpitation d’ailes
Dans un tourbillon de blancheur ;


Et la colombe apprivoisée
Sur ton épaule s’abattra,
Et son bec à pointe rosée
De ton baiser s’enivrera.