Poésies de Schiller/Plaintes de la jeune fille

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Traduction par Xavier Marmier.
Poésies de SchillerCharpentier (p. 238).



PLAINTES DE LA JEUNE FILLE.


La forêt de chênes mugit, les nuages s’amoncellent ; la jeune fille est assise sur le rivage ; l’onde se plaint, gémit ; la jeune fille soupire dans la nuit sombre, les yeux pleins de larmes :

« Mon cœur est mort, le monde est vide ; il n’a plus rien pour satisfaire à mes désirs. Dieu de bonté ! rappelez votre enfant. J’ai connu le bonheur terrestre, j’ai vécu, j’ai aimé.

« En vain mes larmes coulent, en vain je soupire, les soupirs ne réveillent pas les morts. Mais dites-moi ce qui console, ce qui guérit l’âme qui a perdu les joies de l’amour. Je ne veux pas, ô Dieu, renoncer à cette consolation.

― Laisse couler tes larmes. Les soupirs n’éveillent pas les morts. Le plus doux bonheur pour l’âme qui a perdu les joies de l’amour, c’est la douleur et la plainte de l’amour. »