Théorie de la grande guerre/Tome III/Chapitre 1

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Traduction par Lieutenant-Colonel De Vatry.
Librairie militaire de L Baudoin et Cie (p. 2-4).


L’OFFENSIVE.


CHAPITRE PREMIER.

L’ATTAQUE DANS SES RAPPORTS AVEC LA DÉFENSE.


Lorsque deux idées forment des contrastes logiques, elles se pénètrent et l’étude de l’une fait à priori ressortir les principes de l’autre, de sorte que, bien qu’en raison de l’imperfection de notre esprit nous ne puissions les embrasser toutes deux du même coup-d’œil ni retrouver, par le seul fait du contraste, la totalité de l’une dans la totalité de l’autre, l’étude de la première répand du moins déjà assez de lumière sur la seconde pour nous permettre d’en saisir de nombreuses parties. Nous croyons donc que, sur tous les points qu’ils touchent, les premiers chapitres du livre que nous avons consacré à la défensive font déjà suffisamment connaître la forme contraire ; mais il n’en saurait être ainsi pour la généralité des objets car nulle part nous n’avons pu épuiser le sujet, et, par suite, la où le contraste ne se rencontre pas immédiatement à la base de l’idée comme dans les premiers chapitres, il est naturel que ce que nous avons encore à dire de l’offensive ne découle pas directement de ce que nous avons déjà dit de la défensive. C’est ainsi que, tout en poursuivant ici les mêmes sujets que nous avons déjà examinés dans le livre précèdent nous en arriverons maintes fois à abandonner nos premiers points d’observation pour examiner de plus près l’offensive, et que, néanmoins, les points de vue nouveaux auxquels nous nous transporterons ainsi nous permettront de considérer la défensive elle-même sous des faces toutes nouvelles. Nous ne nous proposons cependant pas, en cela, de suivre la méthode adoptée dans la plupart des cours de fortification, c’est-à-dire de revenir sur les moyens de la défensive pour les annihiler par les moyens de la forme opposée, ou, en d’autres termes, de chercher à prouver, ce qui est absolument contraire à la nature des choses, qu’à chaque moyen de la première la seconde est en situation d’opposer un moyen infaillible. La défensive a ses côtés forts et ses côtés faibles ; toujours est-il que, si les premiers ne sont pas insurmontables, ils exigent du moins des efforts proportionnés de la part de l’adversaire. Nous ne nous proposons pas davantage de parcourir toute la série des moyens jusqu’à épuisement du sujet. Il est certain que chaque moyen de la défense conduit à un moyen de l’attaque, mais il arrive souvent que ce moyen se présente aussitôt à l’esprit sans qu’il soit nécessaire de se déplacer pour l’apercevoir. Nous nous bornerons donc, dans ce nouveau livre, à n’envisager chaque objet, ou point de vue de l’offensive, qu’en tant que ses rapports avec cette forme de l’action à la guerre ne ressortent pas déjà clairement de l’étude que nous lui avons consacrée dans la défensive. Cette manière de procéder nous amènera, néanmoins, à traiter maints sujets qui n’ont pas de correspondants dans le livre précédent.