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Une Année à Florence/Le lac de Cuges et la fontaine de Rougiez

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Michel Lévy (p. 1-11).

LE LAC DE CUGES ET LA FONTAINE DE ROUGIEZ.

J’étais à Marseille depuis huit jours, et j’y attendais avec d’autant plus de patience le moment de mon départ, que j’avais l’hôtel d’Orient pour caravensérail et Méry pour cicerone.

Un matin Méry entra plus tôt que d’habitude.

— Mon cher, me dit-il, félicitez-nous, nous avons un lac.

— Comment, lui demandai-je en me frottant les yeux, vous avez un lac ?

— La Provence avait des montagnes, la Provence avait des fleuves, la Provence avait des ports de mer, des arcs de triomphe anciens et modernes, la bouillabaisse, les clovis et l’ayoli ; mais que voulez-vous, elle n’avait pas de lac : Dieu a voulu que la Provence fût complète, il lui a envoyé un lac.

— Et comment cela ?

— Il lui est tombé du ciel.

— Y a-t-il longtemps ?

— Avec les dernières pluies ; j’en ai appris la nouvelle ce matin.

— Mais, nouvelle officielle ?

— Tout ce qu’il y a de plus officiel.

— Et où est-il, ce lac ?

— À Cuges, vous le verrez en allant à Toulon ; c’est sur votre route.

— Et les Cugeois sont-ils contens ?

— Je crois bien qu’ils sont contens, pardieu ! ils seraient bien difficiles.

— Alors Cuges désirait un lac ?

— Cuges ? Cuges aurait fait des bassesses pour avoir une citerne ; Cuges était comme Rougiez ; c’est de Cuges et de Rougiez que nous viennent tous les chiens enragés. Vous connaissez Rougiez ?

— Non, ma foi !

— Ah ! vous ne connaissez pas Rougiez. Rougiez, mon cher, c’est un village qui, depuis la création, cherche de l’eau. Au déluge il s’est désaltéré ; depuis ce jour-là bonsoir. En soixante ans, il a changé trois fois de place ; il cherche une source. Jamais Rougiez n’élit un maire sans lui faire jurer qu’il en trouvera une. J’en ai connu trois qui sont morts à la peine, et deux qui ont donné leur démission.

— Mais pourquoi Rougiez ne fait-il pas creuser un puits artésien ?

— Rougiez est sur granit de première formation ; Rougiez trappe le rocher pour avoir de l’eau, il en sort du feu. Ah ! vous croyez que cela se fait ainsi. Je voudrais vous y voir, vous qui parlez. En 1810, oui, c’était en 1810, Rougiez prit l’énergique résolution de se donner une fontaine. Un nouveau maire venait d’être nommé, son serment était tout frais, il voulait absolument le tenir. Il assembla les notables, les notables firent venir un architecte :

— Monsieur l’architecte, dirent les notables, nous voulons une fontaine.

— Une fontaine, dit l’architecte, rien de plus facile.

— Vraiment ? dit le maire.

— Vous allez avoir cela dans une demi-heure.

L’architecte prit un compas, une règle, un crayon et du papier, puis il demanda de l’eau pour délayer de l’encre de la Chine dans un petit godet de porcelaine.

— De l’eau ? dit le maire.

— Eh bien ! oui, de l’eau.

— Nous n’en avons pas d’eau, répondit le maire ; si nous avions de l’eau, nous ne vous demanderions pas une fontaine.

— C’est juste, dit l’architecte. Et il cracha dans son godet et délaya l’encre de la Chine avec un peu de salive.

Puis il se mit à tracer sur le papier une fontaine superbe, surmontée d’une urne percée de quatre trous à mascarons, avec quatre gerbes d’une eau magnifique.

— Ah ! ah ! dirent le maire et les notables en tirant la langue, ah ! voilà bien ce qu’il nous faudrait.

— Vous l’aurez, dit l’architecte.

— Combien cela nous coûtera-t-il ?

L’architecte prit son crayon, mit une foule de chiffres les uns sous les autres, puis il additionna.

— Cela vous coûtera vingt-cinq mille francs, dit l’architecte.

— Et nous aurons une fontaine comme celle-là ?

— Plus belle.

— Avec quatre gerbes d’eau semblables ?

— Plus grosses.

— Vous en répondez ?

— Tiens, pardieu ! Vous savez, mon cher, continua Méry, les architectes répondent toujours de tout.

— Eh bien ! dirent les notables, commencez la besogne.

En attendant, on afficha le plan de l’architecte à la mairie ; tout le village alla le voir, et n’en revint que plus altéré.

On se mit à tailler les pierres du bassin, et dix ans après, c’est-à-dire le 1er mai 1820, Rougiez eut la satisfaction de voir ce travail terminé : il avait coûté 15,000 francs. La confection de l’urne hydraulique fut poussée plus vivement, cinq petites années suffirent pour la sculpter et la mettre en place. On était alors en 1825. On promit à l’architecte une gratification de mille écus s’il parvenait, la même année, à mettre la fontaine en transpiration. L’eau en vint à la bouche de l’architecte, et il commença à faire creuser, car il avait eu la même idée que vous, un puits artésien. À cinq pieds sous le sol, il trouva le granit. Comme un architecte ne peut pas avoir tort, il dit qu’un forçat évadé avait jeté son boulet dans le conduit, et qu’il allait aviser à un autre moyen.

En attendant, pour faire prendre patience aux notables, l’architecte planta autour du bassin une belle promenade de platanes, arbres friands d’humidité, et qui la boivent avec délices par les racines. Les platanes se laissèrent planter, mais ils promirent bien de ne pas pousser une feuille tant qu’on ne leur donnerait pas d’eau ; le maire, sa femme et ses trois filles, allèrent tous les soirs, pour les encourager, se promener à l’ombre de leurs jeunes troncs.

Cependant, Rougiez, après avoir fait ses quatre repas, était obligé d’aller boire à une source abondante qui coulait à trois lieues au midi ; c’est dur quand on a payé vingt-cinq mille francs pour avoir de l’eau.

L’architecte redemanda cinq autre mille francs, mais la bourse de la commune était à sec comme son bassin.

La révolution de juillet arriva ; les habitans de Rougiez reprirent espoir, mais rien ne vint. Alors le maire, qui était un homme lettré, se rappela le procédé des Romains, qui allaient chercher l’eau où elle était et qui l’amenaient ou ils voulaient qu’elle fût : témoin le pont du Gard. Il s’agissait donc tout bonnement de trouver une source un peu moins éloignée que celle où Rougiez allait se désaltérer ; on se mit en quête.

Au bout d’un an de recherches on trouva une source qui n’était qu’à une liane et demie de Rougiez, c’était déjà moitié chemin d’épargné.

Alors on délibéra pour savoir s’il ne vaudrait pas mieux aller chercher le village, sa fontaine et ses platanes, et les amener à la source, que de conduire la source au village. Malheureusement le maire avait une belle vue de ses fenêtres, et il craignait de la perdre ; il tint en conséquence à ce que ce fût la source qui vint le trouver.

On eut de nouveau recours à l’architecte, avec lequel on était en froid. Il demanda vingt mille francs pour creuser un canal.

Rougiez n’avait pas le premier mille des vingt mille francs. Réduit à cette extrémité, Rougiez se souvint qu’il existait une chambre. Le maire, qui avait fait un voyage à Paris assura même que chaque fois qu’un orateur montait à la tribune, on lui apportait un verre d’eau sucrée. Il pensa donc que des gens qui vivaient dans une telle abondance ne laisseraient pas leurs compatriotes mourir de la pépie. Les notables adressèrent une pétition à la Chambre. Malheureusement la pétition tomba au milieu des émeutes du mois de juin ; il fallut bien attendre que la tranquillité fût rétablie.

Cependant le mal avait un peu diminué. Comme nous l’avons dit, l’eau s’était approchée d’une lieue et demie : c’était bien quelque chose ; aussi Bougiez aurait-il pris sa soif en patience, sans les épigrammes de Nans.

— Mais, interrompit Méry, usant du même artifice que l’Arioste, cela nous éloigne beaucoup de Cuges.

— Mon cher, lui répondis-je, je voyage pour m’instruire, les excursions sont donc de mon domaine. Nous reviendrons à Cuges par Nans. Qu’est-ce que Nans ?

— Nans, mon ami, c’est un village qui est fier de ses eaux et de ses arbres. À Nans, les fontaines coulent de source, et les platanes poussent tout seuls. Nans s’abreuve aux cascades de Giniès, qui coulent sous des trembles, des sycomores, et des chênes blancs et verts. Nans fraternise avec cette longue chaîne de montagnes qui porte comme un aqueduc naturel les eaux de Saint-Cassien aux vallées thessaliennes de Gémenos. Dieu a versé l’eau et l’ombre sur Nans, en secouant la poussière sur Rougiez. Respectons les secrets de la Providence.

Or, chaque fois qu’un charretier de Nans passait avec son mulet devant le bassin de Rougiez, il défaisait le licou et la bride de son animal, et le conduisant à la vasque de pierre, l’invitait à boire l’eau absente et attendue depuis 1810. Le mulet allongeait la tête, ouvrait la narine, humait la chaleur de la pierre, — il fait un soleil d’Afrique à Rougiez, — et jetait à son maître un oblique regard, comme pour lui reprocher sa mystification. Or, ce regard, qui faisait rire à gorge déployée le Nansais, faisait grincer des dents aux Rougiessains. On résolut donc de trouver de l’argent à tout prix, dût-on vendre les vignes de Rougiez pour boire de l’eau ; d’ailleurs les Rougiessains avaient remarqué que rien n’altère comme le vin.

Le maire de Rougiez, qui a cent écus de rente, donna l’exemple du dévoûment ; ses trois gendres l’imitèrent : il avait marié ses trois filles dans l’intervalle ; quant à sa pauvre femme, elle était morte sans avoir eu la consolation de voir couler la fontaine. Tous les administrés, entraînés par un élan national, contribuèrent au prorata de leurs moyens ; ou atteignit un chiffre assez élevé pour oser dire à l’architecte : Commencez le canal.

Enfin, mon cher, continua Méry, après vingt-six ans d’espérances conçues et détruites, les travaux ont été terminés la semaine dernière ; l’architecte répondit du résultat. L’inauguration de la fontaine fut fixée au dimanche suivant, et le maire de Rougiez invita, par des affiches et des circulaires, les populations des communes voisines à assister à la grande fête de l’eau sur la place de Rougiez.

Le programme était court, ce qui ne l’aurait rendu que meilleur, s’il eût été tenu.

Le voici :

« Art. 1° et unique. M. le maire ouvrira le bal sur la place de la Fontaine, et aux premiers sons du tambourin, la fontaine coulera. »

Vous comprenez, mon cher, ce qu’une pareille annonce attira de curieux. Il y eut d’énormes paris de faits, les uns parièrent que la fontaine coulerait, les autres parièrent que la fontaine ne coulerait pas.

On vint à la fête de tous les villages circonvoisins, de Tretz, qui s’enorgueillit de ses redoutes romaines ; du Plan d’Aups, illustré par l’abbé Garnier ; de Pépin, fier de ses mines de bouilles ; de Saint-Maximin, qui conserve la tête de sainte Madelaine, grâce à laquelle le village obtient de la pluie à volonté ; de Tourves, qui a vu les amours de Valbelle et de mademoiselle Clairon ; de Besse, qui donna naissance au fameux Gaspard, le plus galant des voleurs[1], et enfin du vallon de Ligmore qui s’étend aux limites de l’antique Gargarias ; vous-même, mon cher, si vous étiez venu deux jours plus tôt, vous auriez pu y aller.

Nana arriva enfin avec tous ses mulets sans licous et sans brides, déclarant qu’elle ne croirait à l’eau que quand ses mulets auraient bu.

C’était à cinq heures que devait s’ouvrir le bal. On avait attendu que la grande chaleur fût passée, de peur que les danseurs ne desséchassent la fontaine. Cinq heures sonnèrent.

Il y eut un moment de silence solennel.

Le maire alla inviter sa danseuse et vint se mettre en place avec elle, le visage tourné vers la fontaine. Les personnes indiquées pour compléter le quadrille suivirent son exemple. Aussitôt les mulets de Nans s’approchent du bassin. Les violons donnent le la. Les flageolets préludent en notes claires et sonores comme le chant de l’alouette.

Le signal est donné, la ritournelle commence. Monsieur le maire est à la gauche de sa danseuse, le pied droit en avant ; tous les yeux sont fixés sur le respectable magistrat qui, comprenant l’importance de sa situation, redouble de dignité. L’architecte, la baguette à la main, se tient prêt, comme Moïse, à frapper.

— En avant deux ! crie l’orchestre. En avant deux pour la trénis.

Le maire et sa danseuse s’élancent vers la fontaine pour saluer l’eau naissante ; toutes les bouches s’entr’ouvrent pour aspirer ces premières gouttes attendues depuis 1810 ; les mulets hennissent d’espérance, l’architecte lève sa baguette : Nans est abattue, Rougiez triomphe.

Tout à coup les violons s’arrêtent, les flageolets font un canard, les baguettes restent suspendues.

L’architecte a frappé la fontaine de sa verge, mais la fontaine n’a pas coulé. Le maire pâlit, jette sur l’architecte un regard foudroyant. L’architecte frappe la fontaine d’un second coup. L’eau ne paraît pas.

Nans rit, Tretz s’indigne, Pépin bondit, Besse jure, Saint-Maximin s’irrite ; tous les villages invités à la fête menacent Rougiez d’une sédition. Le maire tire son écharpe de sa poche, la roule autour de son abdomen, et déclare que force restera à la loi.

— Croyez ça et buvez de l’eau, répond Nans.

— Monsieur l’architecte ! cria le maire, monsieur l’architecte, vous m’avez répondu de la fontaine ; d’où vient que la fontaine ne coule pas ?

L’architecte prit son crayon, tira des lignes, superposa des chiffres, et après un quart d’heure de calculs, déclara que les deux carrés construits sur les petites lignes de l’hypoténuse étant égaux au troisième, la fontaine était obligée de couler.

— Et pourtant, dit Nans en huant Rougiez, elle ne coule pas : — c’était la même chose que le Pera gira de Galilée, excepté que c’était tout le contraire.

Saint-Zacharie s’interposa et prêcha la modération. C’était bien facile à Saint-Zacharie. Saint-Zacharie donne naissance à cette belle rivière de l’Huveaume, qui roule tant de poussière dans son lit.

En même temps, une vieille femme s’avança avec les centuries de Nostradamus, réclama le silence, et lut la centurie suivante :

Sous bois bénict de saincte pénitente,
Avec pépie et gehenne au gesier,
Rougiez bevra bonne eau en l’an quarante,
En grand soulas et liesse en février.

— Cette prophétie est claire comme de l’eau de roche, dit le maire.

— Et elle sera accomplie, dit l’architecte, c’est moi qui me suis trompé.

— Ah ! s’écria Rougiez triomphant, ce n’est point la faute de la fontaine.

— C’est la mienne, dit l’architecte ; le canal devait être creusé en ligne convexe, il a été creusé en ligne concave. C’est une affaire de quatre ou cinq ans encore, et d’une dizaine de mille francs au plus, puis la fontaine coulera.

C’était juste ce que prédisait Nostradamus.

Rougiez, séance tenante et dans le premier mouvement d’enthousiasme, s’imposa une nouvelle contribution.

Puis tous les villages, violons en tête et mulets en queue, se rendirent aux fontaines de Saint-Genies, où le bal recommença, et où les danseurs se livrèrent à une orgie hydraulique digne de l’âge d’or.

En attendant, Rougiez, tranquillisé par la prophétie de Nostradamus, compte sur l’an 40. Maintenant vous comprenez, mon cher, combien Rougiez doit être furieux du bonheur qui arrive à Cuges.

— Peste ! je crois bien ! Mais est-ce bien vrai que Cuges ait un lac ?

— Parbleu !

— Mais un vrai lac ?

— Un vrai lac ! pas si grand que le lac Ontario, ni que le lac Léman, pardieu ! mais un lac comme le lac d’Enghien.

— Mais comment cela s’est-il fait ?

— Voilà. Cuges est situé dans un entonnoir. Il est tombé beaucoup de neige cet hiver, et beaucoup d’eau cet été. La neige et l’eau réunies ont fait un lac. Ce lac, à ce qu’il parait, s’est mis en communication avec des sources qui ont promis de l’alimenter. Des canards sauvages qui passaient l’ont pris au sérieux, et se sont abattus dessus. Du moment où il y a eu des canards sur le lac, ou a construit des bateaux pour leur donner la chasse. De sorte qu’on chasse déjà sur le lac de Cuges, mon cher. On n’y pêche pas encore, c’est vrai ; mais la pêche est déjà louée pour l’année prochaine. Quand vous y passerez, faites-y attention ; soir et matin, il a une vapeur. C’est un vrai lac.

— Vous entendez, dis-je à Jadin qui entrait, il nous faut un dessin de Cuges et de son lac.

— On vous le fera, répondit Jadin ; mais le déjeuner ?

— C’est vrai, dis-je à Méry ; et le déjeuner ?

— C’est juste, reprit Méry, ce maudit lac de Cuges m’avait fait perdre la tête. Le déjeuner vous attend au château d’If.

— Et comment allons-nous au château d’If ?

— Je ne vous l’ai pas dit ?

— Mais non.

— Diable de lac de Cuges ! c’est encore sa faute : c’est que c’est un lac, mon cher ; parole d’honneur, un vrai lac. Eh bien ! mais vous allez au château d’If dans un charmant bateau qu’un de nos amis vous prête ; un bateau ponté avec lequel on irait aux Indes.

— Et où est-il le bateau ?

— Il vous attend sur le port.

— Eh bien ! allons.

— Non pas ; allez.

— Comment, vous ne venez pas avec nous ?

— Moi, aller en mer, dit Méry ; je n’irais pas sur le lac de Cuges.

— Méry, l’hospitalité exige que vous nous accompagniez.

— Je sais bien que je suis dans mon tort ; mais que voulez-vous ?

— Je veux un dédommagement.

— Lequel ?

— Cent vers sur Marseille pendant que nous irons au château d’If.

— Deux cents si vous voulez.

— C’est convenu.

— Arrêté.

— Songez-y, nous serons de retour dans deux heures.

— Dans deux heures vos cent vers seront faits.

Cette convention conclue, nous nous rendîmes sur le port. À chaque personne que Méry rencontrait :

— Vous savez, disait-il, que Cuges a un lac.

— Pardieu ! répondaient les passans, un lac superbe ; on ne peut pas en trouver le fond.

— Voyez-vous ? répétait Méry.

Sur le quai d’Orléans nous trouvâmes un charmant bateau qui nous attendait. — Voilà votre embarcation, nous dit Méry.

— Et j’aurai mes vers ?

— Ils seront faits.

Nous descendîmes dans le bateau, les bateliers appuyèrent leurs rames contre le quai, et nous quittâmes le bord.

— Bon voyage ! nous cria Méry.

Et il s’en alla en disant :

— Ce diable de Cuges qui a un lac !…


  1. Gaspard de Besse, voyant un de ses hommes qui voulait couper le doigt d’une femme parce qu’il n’en pouvait pas tirer une bague précieuse, mit un genou en terre devant elle, et tira la bague avec ses dents.