Vers écrits à Domrémy en visitant la maison natale de Jeanne d’Arc

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Pierre-Antoine Lebrun Œuvres

Vers écrits à Domrémy en visitant la maison natale de Jeanne d'Arc[1]

XXXVI

VERS ÉCRITS A DOMRÉMY ENVISITAIT LA MAISON NATALE DE JEANNE D’ARC

France, au lieu de pleurer l'éclipse de ta gloire,
Reporte ici les yeux, et pense à ton histoire ;
Rappelle à ton esprit quels merveilleux exploits
T'ont de tes oppresseurs délivrée autrefois ;
Apprends, quelques revers que le ciel te destine,
À ne jamais douter de la faveur divine,
À garder ton courage, à croire en tes destins ;
Et si les nations, des bords les plus lointains,

Par ta vieille rivale en secret animées,
Contre tes bords chéris envoyaient leurs armées ;
Si de nouveaux revers par Dieu même permis
Te ramenaient encor tes anciens ennemis,
Sûre de l'avenir, ne verse point de larmes,
Lève les yeux au ciel, et prépare tes armes.


  1. Bien que cette pièce paraisse en quelque sorte le prologue de la suivante, elle n'a été faite toutefois qu'après, et sous l'impression de douleur et de révolte que ranimait dans toute âme française la seconde invasion.
    Elle a été écrite au seuil même de cette maison, objet de la curiosité et de la vénération du voyageur. Une école de jeunes filles occupe aujourd'hui l'humble berceau de la fille héroïque et sainte qui a montré aux hommes vaincus et opprimés comment on se délivrait de l'occupation étrangère.