« Blessé d’une plaie inhumaine »
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- Blessé d'une plaie inhumaine,
- Loin de tout espoir de secours,
- Je m'avance à ma mort prochaine,
- Plus chargé d'ennuis que de jours.
- Celle qui me brûle en sa glace,
- Mon doux fiel, mon mal et mon bien,
- Voyant ma mort peinte en ma face,
- Feint hélas ! n'y connaître rien.
- Comme un roc à l'onde marine
- Elle est dure aux flots de mes pleurs :
- Et clôt, de peur d'être bénine,
- L'oreille au son de mes douleurs
- D'autant qu'elle poursuit ma vie,
- D'ennuis mon service payant,
- Je la dirai mon ennemie,
- Mais je l'adore en me hayant.
- Las ! que ne me puis-je distraire,
- Çonnaissant mon mal, de la voir ?
- Ô ciel rigoureux et contraire !
- C'est toi qui contrains mon vouloir,
- Ainsi qu'au clair d'une chandelle
- Le gai papillon voletant,
- Va grillant le bout de son aile,
- Et perd la vie en s'ébattant :
- Ainsi le désir qui m'affole,
- Trompé d'un rayon gracieux,
- Fait hélas ! qu'aveugle je vole
- Au feu meurtrier de vos beaux yeux.