À Mademoiselle M. J. D. (1855)

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Dentu, libraire-éditeur, 1855 (pp. 255-256).
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À MADEMOISELLE M. J. D.



Toi, dont l’âme est à peine éclose,
Ô chère petite aux doux yeux,
Et dont la lèvre fine et rose
Gazouille un rire harmonieux ;


Dont les larmes vite apaisées,
Sur ta joue au pâle contour,
Tarissent comme les rosées
Que boit le rayon d’or du jour ;



Et qui, le soir, paisible et frêle,
Te couches dans ton bleu berceau
Où tu t’endors, repliant l’aile,
Comme ferait un jeune oiseau ;


Sous ta paupière mi-fermée
Étincelle un rêve fleuri,
Et ton haleine parfumée
Sort d’un cœur où rien n’est tari.


Je t’aime et t’admire, ô jeune âme,
Ô coupe qui n’as point de fiel,
Blonde enfant qui deviendras femme,
Pauvre ange qui perdras ton ciel !

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