Accueil

La bibliothèque libre.

 

Littérature
George Sand

Genres : Biographies | Contes | Essais et Études | Fables | Lettres | Nouvelles | Romans | Récits | Poésie | Théâtre

Époques : Antiquité | Moyen Âge | XVIe siècle | XVIIe siècle | XVIIIe siècle | XIXe siècle | XXe siècle | XXIe siècle

Courants : Renaissance et humanisme | Classicisme | Baroque | Les Lumières | Romantisme | Sturm und Drang | Réalisme | Naturalisme | Parnasse | Symbolisme

Thèmes : Arts | Esclavage | Fantastique | Femme | Mer | Science-fiction | Vin | Voyage

Littératures non francophones : allemande | anglo-saxonne | danoise | espagnole | de l’antiquité grecque | de l’antiquité latine | indienne | russe

 

Sciences humaines
Pierre Bayle

Philosophie : Philosophie | Liste des philosophes | Liste des œuvres | Mémoires | Agrégation 2008

Droit, Politique : Relations internationales | Droit et politique des Nations | Constitutions | Hymnes nationaux

Histoire : Portail Histoire | Histoire (par période) | Histoire (par thème) | Études historiques | Guerres et conflits | Mémoires et Thèses

Dictionnaires - Revues - Sociologie - Psychologie - Économie et Politique

Mathématiques | Sciences de la nature

Religions

Textes sacrés | Prières | Théologie | Liste des œuvres

Arts

Architecture | Musique | Paroles de chansons

Projets en cours

Éditions bilingues - Traductions - Documents remarquables - Numérisation - Prix littéraires - Portails - Tous les projets - Textes validés

Participez au projet communautaire
Portail thématique : La Fontaine

Préc. : Portail thématique : Fleurs - Voir les progrès !
Prochain projet le 15 mai


  Index des auteurs

A B C D E F G H I J K L M
N O P Q R S T U V W X Y Z




o  Autres formats des textes 
Textes audio : Liste
Fichiers : Pdf - DjVu



o  Projet actif 
Portail thématique : La Fontaine



o  Nouveautés (suite ou modifier)




Aide générale (suite)




o Icônes   (onglets texte en haut à gauche)

Avancement des textes
Image:25%.svg Texte incomplet
Image:50%.svg Non formaté
Image:75%.svg Complet et formaté
Image:100%.svg Relu et corrigé
Texte validé Validé




o Informations (modifier)


Découvrir...

I.

Ils étaient cinq, aux carrures terribles, accoudés à boire, dans une sorte de logis sombre qui sentait la saumure et la mer. Le gîte, trop bas pour leurs tailles, s’effilait par un bout, comme l’intérieur d’une grande mouette vidée ; il oscillait faiblement, en rendant une plainte monotone, avec une lenteur de sommeil.

Dehors, ce devait être la mer et la nuit, mais on n’en savait trop rien : une seule ouverture coupée dans le plafond était fermée par un couvercle en bois, et c’était une vieille lampe suspendue qui les éclairait en vacillant.

Il y avait du feu dans un fourneau ; leurs vêtements mouillés séchaient, en répandant de la vapeur qui se mêlait aux fumées de leurs pipes de terre.

Leur table massive occupait toute leur demeure ; elle en prenait très exactement la forme, et il restait juste de quoi se couler autour pour s’asseoir sur des caissons étroits scellés au murailles de chêne. De grosses poutres passaient au-dessus d’eux, presque à toucher leurs têtes ; et, derrière leurs dos, des couchettes qui semblaient creusées dans l’épaisseur de la charpente s’ouvraient comme les niches d’un caveau pour mettre les morts. Toutes ces boiseries étaient grossières et frustes, imprégnées d’humidité et de sel ; usées, polies par les frottements de leurs mains.

Ils avaient bu, dans leurs écuelles, du vin et du cidre, aussi leur joie de vivre éclairait leurs figures, qui étaient franches et braves. Maintenant ils restaient attablés et devisaient, en breton, sur des questions de femmes et de mariages.

Contre un panneau du fond, une sainte Vierge en faïence était fixée sur une planchette, à une place d’honneur. Elle était un peu ancienne, la patronne de ces marins, et peinte avec un art encore naïf. Mais les personnages en faïence se conservent beaucoup plus longtemps que les vrais hommes ; aussi sa robe rouge et bleue faisait encore l’effet d’une petite chose très fraîche au milieu de tous les gris sombres de cette pauvre maison de bois. Elle avait dû écouter plus d’une ardente prière, à des heures d’angoisses ; on avait cloué à ses pieds deux bouquets de fleurs artificielles et un chapelet.

Ces cinq hommes étaient vêtus pareillement, un épais tricot de laine bleue serrant le torse et s’enfonçant dans la ceinture du pantalon ; sur la tête, l’espèce de casque en toile goudronnée qu’on appelle suroît (du nom de ce vent de sud-ouest qui dans notre hémisphère amène les pluies).

Ils étaient d’âges divers. Le capitaine pouvait avoir quarante ans ; trois autres, de vingt-cinq à trente. Le dernier, qu’ils appelaient Sylvestre ou Lurlu, n’en avait que dix-sept. Il était déjà un homme, pour la taille et la force ; une barbe noire, très fine et très frisée, couvrait ses joues ; seulement il avait gardé ses yeux d’enfant, d’un gris bleu, qui étaient extrêmement doux et tout naïfs.

Très près les uns des autres, faute d’espace, ils paraissaient éprouver un vrai bien-être, ainsi tapis dans leur gîte obscur.

... Dehors, ce devait être la mer et la nuit, l’infinie désolation des eaux noires et profondes. Une montre de cuivre, accrochée au mur, marquait onze heures, onze heures du soir sans doute ; et, contre le plafond de bois, on entendait le bruit de la pluie.


Wikisource bénéficie du soutien de la Wikimedia Foundation qui héberge sur ses serveurs plusieurs projets libres, multilingues et gratuits :


  1. Environ 10 000 textes de 1 700 auteurs.