Aubade parisienne

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Aubade parisienneLe Cahier rouge
Œuvres complètes de François Coppée, Librairie L. Hébert, 1892, Poésies, tome II (pp. 57-58).



Pour venir t’aimer, ma chère,
Je franchis les blancs ruisseaux,
Et j’ai l’âme si légère
Que j’ai pitié des oiseaux.

Quel temps fait-il donc ? Il gèle,
Mais je me crois au printemps.
Entends-tu, mademoiselle ?
Tu m’as rendu mes vingt ans.


Tu m’as rendu ma jeunesse.
Ce cœur que je croyais mort,
Je veux pour toi qu’il renaisse ;
Écoute, comme il bat fort !

Quelle heure est-il ? Tu déjeunes ;
Prends ce fruit et mords dedans.
C’est permis, nous sommes jeunes,
Et j’en mange sur tes dents.

Parle-moi, dis-moi des choses.
Je n’écoute pas, je vois
S’agiter tes lèvres roses
Et je respire ta voix.

Je t’aime et je t’aime encore ;
A tes pieds je viens m’asseoir.
Laisse-moi faire ; j’adore
Le tapis de ton boudoir !

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