Matin d’octobre (Coppée)

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Matin d’octobreLe Cahier rouge
Œuvres complètes de François Coppée, Librairie L. Hébert, 1892, Poésies, tome II (pp. 55-56).


À Alexandre Piédagnel.



C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.

Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.


Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées ;
Mais ce n’est pas l’hiver encor.

Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.

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