Coup d’œil sur l’état des missions de Chine

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Coup d’œil sur l’état des missions de Chine
présenté au Saint-Père le pape Pie IX.
1848


LES MISSIONS


CATHOLIQUES EN


CHINE EN 1846


Coup d’ŒiL
SUR L’ÉTAT DES
MISSIONS DE CHINE
PRÉSENTÉ AU SAINT-PÈRE
LE PAPE PIE IX



PAR
LE R. P. GABET



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TABLE DES CHAPITRES


Lettre au Saint Père, le pape, PIE IX.

Remarques préliminaires.


CHAPITRES

I. Grandeur et en même temps peu de résultat des efforts faits pour la conversion des peuples de l’Asie.
— Discussion sur les raisons qu’on en donne : le temps n’est pas venu. — Corruption et dégradation des peuples infidèles. — Sagesse de ces nations. Persécutions. — Pauvreté des missionnaires. — Leur petit nombre. — Conclusion. 19

II. Véritables raisons qui empêchent les progrès de l’Évangile parmi les peuples de l’Asie. 27

III. Contestations entre les missionnaires.
— Leurs funestes effets. — Persécutions. — Conclusion. 29

IV. Sources des contestations.
— Application de M. Humpierres à les faire cesser. — Moyen d’y couper court. — Conclusion. 33

V. Seconde cause du peu de fruits des missions, absence d’un clergé indigène.

Nécessité d’un clergé indigène.
— Dommages qui résultent pour les missions de l’absence d’un clergé indigène. — Privation de culte. — La religion ne se nationalise pas. — Discussion des motifs qu’on allègue contre la formation d’un clergé indigène. — Incapacité administrative. — Antipathie nationale. — Attachement à leurs usages. — Conclusion. 37

VI. Troisième raison du peu de succès des missions.
— Nécessité d’apprendre la langue. — Funestes conséquences pour la religion de l’ignorance de la langue. — Obligation de savoir la langue lorsque le missionnaire paraît devant tes tribunaux. — Conclusion générale. 47

VII. Réflexions.
Sur la question quels sont ceux qui sont plus capables de travailler à l’oeuvre des missions étrangères. 51

VIII. Réflexion sur le temps de la conversion d’un peuple 53

IX. Considération sur la manière dont le Christianisme a coutume de s’établir chez une nation. 55

X. De la prédication et de la formation d’un clergé indigène. 59

XI. Instruction de la sacrée Congrégation de la Propagande adressée aux archevêques, évêques, vicaires apostoliques et autres supérieurs des missions. 67


FIN DE LA TABLE


LETTRE DE MONSEIGNEUR FORCADE À M. GABET.


Monsieur l’Abbé,

J'ai lu avec beaucoup d’intérêt, le manuscrit que vous m’avez dernièrement apporté. Ces considérations sur l’état présent de nos missions, sur les causes de leur peu de succès, ne sont malheureusement, à mon sens, que trop justes et trop vraies.

C’est aux missionnaires, et à eux seulement, m’avez-vous dit, Monsieur l’abbé, que vous destinez ce petit ouvrage. Il me semble bien propre en effet à notes inspirer à tous de salutaires réflexions, à nous donner d’utiles renseignements, et à devenir ainsi pour nous, comme pour les peuples que nous évangélisons, la source d’un grand bien. Qu’il en soit ainsi, Monsieur l’abbé, et Dieu bénisse de cette manière, ce fruit de votre expérience et de vos travaux !

Agréez, Monsieur l’abbé, l’assurance de ma haute considération et de mon respectueux attachement.


Augustin, Év. De Samos,
V.A. du Japon.
Paris. 2 mai 1848.
Monsieur l’abbé Gabet, prêtre de la mission.


Lettre du Père Gabet au Pape PIE IX


Très Saint-Père

Depuis le moment heureux où la Providence a suscité Votre Sainteté pour Souverain Pontife de l’Église, chaque jour de son règne a été signalé par des événements, dont la sagesse et la fermeté excitent l’admiration et la reconnaissance de l’univers entier.

Aussi, les nations chrétiennes n’ont-elles qu’un sentiment, pour manifester leur joie et célébrer leurs espérances. Mais, au milieu de tant de peuples qui se pressent prosternés à vos pieds, au milieu de tant de voix qui s’élèvent pour glorifier le présent et saluer l’avenir, des pensées d’angoisses viennent percer le cœur des Missionnaires ; c’est que de vastes contrées, ainsi que des peuples innombrables, ensevelis encore tout entiers dans les ombres de l’infidélité, restent enchaînés dans les ténèbres extérieures, et n’ont aucun moyen de participer à ces fêtes universelles du monde catholique.

Les immenses régions de l’Asie centrale sont parcourues et traversées en tous sens par une multitude de nations voyageuses qui semblent, dans leur éternel pèlerinage, aller interroger tous les coins de leur territoire et tous les antres de leurs montagnes, pour demander en quel lieu est né le Sauveur du monde ; et jusqu’ici aucun oracle n’est venu éclairer leurs doutes, aucune étoile ne s’est levée sur leurs têtes pour guider leurs pas. S’il est une voix qui leur réponde, c’est celle de l’antique séducteur qui vient river leurs fers et rendre plus épais encore le voile qui leur cache la lumière et la vie.

Telles sont les considérations sous l’empire desquelles ont été écrites les réflexions de ce petit recueil. Considérés comme le cri éploré des enfants qui demandent du pain, et comme la voix gémissante de ces nations tristement assises à l’ombre de la mort, parvenues aujourd’hui jusqu’aux pieds de Votre sainteté, puissent-elles contribuer à faire arriver jusqu’à leurs déserts quelques rayons de la céleste lumière.

C’est dans cette pensée et dans cette espérance que j’ai désiré présenter ce petit écrit à Votre Sainteté et je la supplie en même temps de vouloir bien agréer l’hommage des sentiments de respect, de soumission, de foi et d’amour avec lesquels j’ai l’honneur d’être, Très-Saint Père,

De Votre Sainteté
Le très humble, très obéissant et très respectueux serviteur,
J. GABET, Missionnaire apostolique.
Rome, le 12 octobre 1847.


REMARQUES PRÉLIMINAIRES


Voici quelques observations jugées nécessaires en tête de ce petit recueil : Premièrement. Il ne s’agit pas ici d’un traité sur les devoirs des Missionnaires, ni d’un ouvrage complet sur l’œuvre des Missions. De nombreux et très bons livres existent sur ces intéressantes matières. L’excellence de l’oœuvre des Missions, les hautes vertus requises dans la vocation du prêtre, et surtout du prêtre Missionnaire dans les pays étrangers, sont des principes avoués universellement, et qui ne sont contestés par personne. Je les considère donc ici comme des prolégomènes qu’il n’est pas nécessaire d’établir par la discussion. Voici toute la pensée de ce petit écrit : on voit, chaque jour, de nombreux et saints Missionnaires se dévouer à l’œuvre des Missions, et cependant cette œuvre n’avance pas ; pourquoi cela ?

Secondement. Dans ce résumé sont évités avec soin les vues abstraites, les aperçus purement théoriques. Tout y est pratique, résultat d’expérience, faits mis sous les yeux. Enfin, le dernier mot est avec les mêmes hommes et les mêmes moyens, obtenir de plus grands résultats.


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