La Vie nouvelle/Chapitre IV

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Fasquelle, 1898 (p. 35).
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Après cette vision, ma santé[1] commença à être troublée dans ses fonctions parce que mon âme ne cessait de penser à cette beauté ; de sorte que je devins en peu de temps si frêle et si faible que mon aspect était devenu pénible pour mes amis. Et beaucoup poussés par la malice cherchaient à savoir ce que je tenais à cacher aux autres. Et moi, m’apercevant de leur mauvais vouloir, je leur répondais que c’était l’Amour qui m’avait mis dans cet état. Je disais l’Amour parce que mon visage en portait tellement les marques que l’on ne pouvait s’y méprendre. Et quand ils me demandaient : « Pourquoi l’Amour t’a-t-il défait à ce point ? » Je les regardais en souriant, et je ne leur disais rien.



  1. Dans le texte : mon esprit naturel.
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