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PERSONNAGES
Arlequin Pierrot Le Docteur Colombine |
Le théâtre représente une rue. — Au fond, en face du public,
la maison d’Arlequin ; à droite, celle du docteur ; à gauche,
celle de Colombine.
Arlequin.
Colombine, un mot !
Colombine.
Non !
Arlequin.
Demeurez.
Colombine.
Point.
Arlequin.
De grâce !
J’ai là certain cadeau qu’il faut que je vous fasse.
Colombine.
Un cadeau ? Je m’arrête. — Est-ce une chaîne d’or ?
Une bague ? une montre ? Y suis-je ?
Arlequin.
Pas encor.
Colombine.
Une pièce bien lourde en bonne argenterie ?
Un nœud de diamants ?
Arlequin.
Fi ! ma galanterie
Ne s’en va pas donner dans ces luxes grossiers,
Bon pour les parvenus et pour les financiers !
Je me garderais bien d’humilier les femmes
Par l’insultant excès de ces présents infâmes ;
Car dans tous les pays, chez les plus gens de goût,
On dit qu’en ces régals c’est le choix qui fait tout.
Colombine.
Vous me faites languir ; dépêchez, voyons, qu’est-ce ?
Arlequin.
Regardez, s’il vous plaît, cette petite caisse.
Colombine.
Cette caisse ?
Arlequin.
Oui.
Colombine.
Grands dieux ! que vois-je ? une souris !
Certes, le don est rare et d’un merveilleux prix !
Arlequin.
Très-rare ; une souris plus blanche qu’une hermine,
Gaie, alerte, l’œil vif comme une Colombine :
La femme est une chatte, et sa griffe nous tient ;
Une souris est donc un présent qui convient.

