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EMILE NELLIGAN


MON AME




Mon âme a la candeur d’une chose étoilée,
D’une neige de février…
Ah ! retournons au seuil de l’Enfance en-allée,
Viens-t-en prier…

Ma chère, joins tes doigts et pleure et rêve et prie,
Comme tu faisais autrefois
Lorsqu’en ma chambre, aux soirs, vers la Vierge fleurie
Montait ta voix.

Ah ! la fatalité d’être une âme candide
En ce monde menteur, flétri, blasé, pervers,
D’avoir une âme ainsi qu’une neige aux hivers
Que jamais ne souilla la volupté sordide !