Page:Adelsward-Fersen - Les Cortèges qui sont passés.djvu/114

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O just, subtle, ans mighty...
Th. de Quincey.


Ô morphine apaisante, ô parfum de l’oubli,
Caresse de sommeil, ô morphine légère,
Je t’aime mieux que l’or et que la lumière,
Pour tous les souvenirs que tu ensevelis !

Tu calmes la souffrance en berçant nos chimères
D’un chant languide et doux qui vient du Paradis,
Et les choses qu’on rêve et celles que l’on dit,
Disparaissent dans ton bienfaisant cimetière

Ceux qui croyaient en toi n’ont jamais consenti
À renier ton nom pour d’autres éphémères,
Et tous ont préféré à la vie ton mystère
Pour ne l’abandonner que lorsqu’ils sont partis ;
 
C’est pourquoi je récite en ces vers ta prière,
Comme au philtre puissant qui caresse et guérit,
Tu gouvernes les sens en exaltant l’esprit,
Ô morphine apaisante, ô morphine légère !