Page:Adhémar - La philosophie des sciences et le problème religieux.djvu/52

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Résumons brièvement tout ce qui précède.

L’illustre géomètre qui était chargé par l’Institut du rapport sur l’état des Sciences pures en 1900, M. Émile Picard, disait en un travail dont la publication a été un événement scientifique (14) : « En retraçant l’histoire des travaux récents, je me suis efforcé d’indiquer les divers points de vue sous lesquels on peut envisager aujourd’hui la notion d’explication scientifique, et j’ai insisté sur l’importance capitale des immenses constructions que bâtit l’esprit humain sous le nom de théories, constructions qui constituent véritablement la Science et sans lesquelles il n’y a que des catalogues de faits. Mais j’ai, en même temps, montré leur vanité en ce sens que les images par lesquelles nous cherchons à nous représenter les phénomènes ne doivent jamais être regardées comme ayant un caractère définitif, aucune expérience ne pouvant établir la vérité d’une hypothèse prise isolément. De plus, ces images ne sont pas nécessairement uniques, ce qui peut permettre à plusieurs théories de se développer simultanément. On verra, peut-être, dans ces pensées, un peu de scepticisme ! Loin de là, elles sont, au contraire, essentiellement fécondes et caractéristiques du véritable esprit scientifique qui ne s’enferme pas dans une formule définitive et ne doit jamais prendre des allures dogmatiques. »