Page:Adresse pour les nègres détenus en esclavage 1793.djvu/10

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oui, nous saurions comme eux vous les développer, si votre bienfaisance et votre justice s’étoient plutôt montrées dans nos climats.

Aux expressions de liberté et d’égalité, que vous venez de faire entendre à nos oreilles ; à ces mots : de vivre libres ou mourir, que nous répétons avec un doux saisissement, que nous gravons dans nos cœurs, et dont ils ne s’effaceront jamais nous voyons, par la joie que nous éprouvons, nos chaînes devenir déjà plus légères, et n’avoir plus rien d’accablant, si elles cessent de passer à nos enfans.

Combien de milliers parmi nous, tous, en un mot, disposés à prendre la défense de la liberté, de leurs libérateurs, n’hésiterons pas un instant de prendre votre défense, plutôt que de rentrer sous le joug des tyrans ! Ils périront plutôt jusqu’au dernier, que de laisser votre ouvrage imparfait, et leur espérance s’évanouir.

Nous sommes regardés comme des monstres et des êtres inhumains : faut-il donc que la dureté et la tyrannie continuelle soient l’effet de l’anneau de fer qui nous lie ? Nous demandons notre liberté ; nos droits sont imprescriptibles, naturels et appuyés sur l’humanité.

Susceptibles, par raisonnement, d’aimer la liberté, et de rester attachés à ses prin-