Page:Adresse pour les nègres détenus en esclavage 1793.djvu/13

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Quels trésors enfouis ! combien de talens incultes ! quelles ressources perdues par la barbarie exercée sur nous ! Nous serons donc toujours au premier siècle de l’ignorance ! La terre inculte, quel qu’en soit le sol, ne produira rien de bon, si elle n’est jamais soignée.

L’homme est cette plante qui ne peut ni se fortifier, ni fructifier, si elle n’est sous la main d’un intelligent cultivateur : que cette plante soit négligée, les larmes de l’aurore lui donneront quelquefois encore de la beauté et de la force ; mais le premier rayon du soleil venant à l’enlever, elle perd, bientôt sa vigueur et son éclat.

En effet, jettez un regard sur cette contrée lointaine, arrêtez un instant, vos yeux ne pourroient souffrir un tel spectacle,) ce n’est plus qu’un théâtre horrible d’atrocité et de carnage ; tels sont les fruits de l’arnarchie. Verriez-vous d’un œil serein, cette terre et ses productions rester dans l’anéantissement, cette terre, votre grenier par sa fécondité, dans l’engourdissement ? Non, les lumières intarissables de la nation française peuvent la sauver, et lui rendre les moyens de recouvrer les trésors qu’elle renferme, si elle veut écouter notre juste demande.

Vous, qui avez été choisis par un peuple libre et éclairé ; vous, représentans de ce peuple, pour être les conciliateurs et les