Page:Anatole France - Les dieux ont soif.djvu/38

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.



III


Dans l’après-midi du même jour, Évariste se rendit chez le citoyen Jean Blaise, marchand d’estampes, qui vendait aussi des boîtes, des cartonnages et toutes sortes de jeux, rue Honoré, vis-à-vis de l’Oratoire, proche les Messageries, à l’Amour peintre. Le magasin s’ouvrait au rez-de-chaussée d’une maison vieille de soixante ans, par une baie dont la voûte portait à sa clef un mascaron cornu. Le cintre de cette baie était rempli par une peinture à l’huile représentant « le Sicilien ou l’Amour peintre », d’après une composition de Boucher, que le père de Jean Blaise avait fait poser en 1770 et qu’effaçaient depuis lors le soleil et la pluie. De chaque côté de la porte, une baie sem-