Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 1.djvu/155

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aucune bête sauvage, capable de me faire du mal, comme j’en ai vu sur la côte d’Afrique ; & quel seroit mon sort, si j’avois échoué contre cette côte ?

Le mal.

Je n’ai pas une seule personne avec qui parler, ni dont je puisse attendre le moindre secours.

Le bien.

Mais la providence, par une espèce de miracle, a envoyé le vaisseau assez près de terre, pour que j’y pusse aller chercher quantité de choses qui non seulement me font subsister présentement, mais qui me mettent encore en état de pourvoir à mes besoins pour un long avenir, & même pour tous le tems de ma vie.

Enfin, le tout bien & dûment considéré, il en résultoit une conséquence dont la vérité est incontestable ; c’est qu’il n’y a pas de condition si misérable dans la vie où il n’y ait quelque chose de positif ou de négatif, qui doit être regardé comme une faveur de la providence. Et l’expérience d’un état le plus affreux où l’homme puisse être réduit en ce monde, fournit à tous cette belle leçon, qu’il est toujours en notre