Page:Apoukhtine - La Vie ambiguë.djvu/41

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ni par le visage, ni par les manières ; il est très doux, très blond et très distingué ; je suis prête à parier qu’ils sont de pères différents ; on dit que la vieille Mme Névieroff ne se refusait rien autrefois ; c’est sur le très tard qu’elle est devenue sainte femme.

Chez nous, il n’y a rien de nouveau. On parle beaucoup de Nina Karskaia, qui vit tout le temps à l’étranger et y fait Dieu sait quoi. Ce scandale parisien, auquel tu ne voulais croire, est absolument avéré : la baronne Vizen le raconte avec tous les détails ; mais par qui peut-elle savoir tout cela ? ce n’est pourtant pas Nina qui le lui a écrit !

Eh bien, adieu, chère Kitie, il faut finir cette lettre, — je bavarderais avec toi jusqu’à demain. Écris-moi plus souvent et continue à unir l’utile et l’agréable. Je t’ai toujours considérée comme une femme extraordinaire, mais ce que tu es en train de faire est le comble de l’habileté : réaliser son caprice du moment et pour cela recevoir 40.000 de revenus, c’est un trait de génie, ou je ne m’y connais pas.

Ta MARY.