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XI. De Maria Ivanovna Boiarova

(Reçue 16 mai.)

Merci, chère Kitie, pour ta longue et aimable lettre ; la femme, même celle qui, comme toi, est impénétrable pour tous, sent le besoin de pouvoir parler à quelqu’un à cœur ouvert, et qui choisirais-tu, sinon moi, qui t’adore depuis l’enfance ? Mais pourquoi me recommandes-tu la discrétion ? De moi je peux dire tout ce que tu veux ; mais, en ce qui te concerne, je sais me taire ; je n’ai pas d’archives, et aussitôt que tes lettres sont lues, je les déchire. J’ai à te raconter des choses joyeuses et des choses tristes. Premièrement, chez nous il v a eu encore un drame de famille. En regardant les cahiers de classe de Mitia, Hippolyte Nicolaievitch a sans doute regardé aussi dans le bureau du