Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/40

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evelpidès.

Eh bien ! j’ignorais cela, moi : aussi l’étonnement me prenait quand un Priamos paraissait, dans les tragédies, portant un oiseau qui se dressait pour observer si Lysikratès recevrait quelque présent.


pisthétæros.

Mais voici le plus fort de tout : Zeus, qui règne aujourd’hui, est représenté ayant un aigle sur la tête, en sa qualité de roi ; sa fille porte une chouette, et Apollôn, comme serviteur, un épervier.


evelpidès.

Par Dèmètèr ! tu dis vrai. Pourquoi ont-ils ces attributs ?


pisthétæros.

Afin que, dans les sacrifices, lorsqu’on dépose entre leurs mains, suivant le rit prescrit, les entrailles des victimes, les oiseaux en aient leur part, même avant Zeus. Pas un homme alors ne jurait par un dieu, mais tous juraient par les oiseaux. Lampôn, aujourd’hui même encore, jure par l’oie quand il fait quelque friponnerie, tellement tout le monde alors vous tenait pour grands et pour saints, tandis qu’on vous traite maintenant d’esclaves, de niais, de Manès ; on vous jette des pierres comme à des fous, et, jusque dans les lieux sacrés, il n’y a pas un oiseleur qui ne vous tende lacets, pièges, gluaux, barreaux, réseaux, filets, rets. Une fois pris, ils vous vendent en masse : les acheteurs vous tâtent. Encore, s’ils se contentaient d’agir de la sorte, en vous faisant rôtir et servir, mais ils râpent du fromage, qu’ils mêlent à de l’huile, du silphion et du vinaigre, ils écrasent le tout où ils versent