Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/146

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mes oreilles de bonne grâce, mais jamais plus femme ne te touchera[1].


CHŒUR DE VIEILLARDS.

Si tu ne te tais, j’épuiserai tout ce qu’il me reste de force à te rosser.


CHŒUR DE FEMMES.

Approche donc et touche Stratyllis seulement du doigt.


CHŒUR DE VIEILLARDS.

Oui, et si je la roue de coups de poings, que me feras-tu ?


CHŒUR DE FEMMES.

Je t’arracherai, sans pitié, le cœur et les entrailles[2].


CHŒUR DE VIEILLARDS.

Il n’y a pas de poète plus sensé qu’Euripide, car la femme ne le cède en impudence à aucun autre animal.


CHŒUR DE FEMMES.

Prenons nos cruches d’eau, ô Rhodippe.


CHŒUR DE VIEILLARDS.

Pourquoi, femme maudite des dieux, es-tu venue ici avec de l’eau ?


CHŒUR DE FEMMES.

Et toi, vieil échappé de l’Achéron, pourquoi viens-tu avec ce feu ? Est-ce pour qu’on te fasse griller ?


CHŒUR DE VIEILLARDS.

C’est pour faire brûler tes compagnes.


CHŒUR DE FEMMES.

Et mon eau est pour éteindre ton feu.

  1. Testiculis te prehendet. (Brunck.)
  2. Allusion à un vers d’Euripide.