Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/165

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CHŒUR DE FEMMES.

Que dis-tu ? Que dis-tu ?


LYSISTRATA.

La vérité, la vérité.


CHŒUR DE FEMMES.

Qu’y a-t-il de fâcheux ? Dis-le-nous, à nous tes amies.


LYSISTRATA.

Mais il est honteux de le dire et difficile de le taire[1].


CHŒUR DE FEMMES.

Ne me cache pas notre malheur.


LYSISTRATA.

Nous brûlons d’amour, pour le dire en un mot.


CHŒUR DE FEMMES.

Ô Jupiter !


LYSISTRATA.

Que veux-tu à Jupiter ? Ce n’est que trop vrai. Je ne puis plus du tout les priver d’hommes : elles désertent. La première que j’ai prise sortait par la porte qui conduit à la grotte du dieu Pan. Une autre descendait à l’aide d’une poulie ; celle-ci préparait son évasion, celle-là, portée par un moineau, allait se précipiter dans la maison d’Orsilochus, lorsque je l’ai arrêtée par ses cheveux. Toutes ont de belles raisons pour aller chez elles. Tenez, en voilà une qui accourt.

  1. Parodie d’Eschyle, Prométhée enchaîné.